Historique des dragages du port

de La Teste de Buch


Le Plan

  • Jusqu’en 1983
  • Le Schéma Directeur du Dragage des Vases Portuaires
  • Aménagement des Prés salés Ouest
  • Création de l’ADPSO
  • Solutions de dragages
  • Depuis 1983 et jusqu’à 2017,
  • Projets de dragage du port de La Teste de Buch par le S.M.P.B.A.
  • Annexe : Tableau récapitulatif des volumes.
  • Annexe : plan de dragage

Jusqu’au milieu du XIX ème siècle,

La Teste de Buch ne disposait que d’un port d’échouage dit du « Caillaou » situé au bord de la « Petite Mer du Pays de Buch » vers le « Lapin Blanc » actuel. Dès le 22 novembre 1789, lors de la naissance du canton de La Teste de Buch, les testerins demandèrent qu’un port soit aménagé au plus près de la bourgade.                                                                     

Si c’est En 1845, que la route-digue La Teste de Buch / jetée d’Eyrac d’Arcachon fut réalisée, c’est en 1840 / 1841 que commença le creusement d’un premier canal principal de 800 mètres appelé de nos jours une darse.


Les travaux successifs avec la réalisation d’un second canal parallèle au premier donnèrent, quelques années plus tard l’aspect et l’allure du port testerin actuel. Un peu plus tard un troisième canal appelé « Canalot »  de 600 mètres fut réalisé avec une écluse permettant de garder l’eau de mer. Ceci facilitait le travail des parqueurs (ostréiculteurs travaillant les parcs à huitres) avec du côté Est l’activité ostréicole et du côté Ouest l’activité commerciale des expéditeurs. Le port de La Teste de Buch devint alors un véritable port de travail pour le chargement et le déchargement de la résine, du vin, du bois, des huitres etc ….. mais également se développa un port de pêche avec de nombreux marins partant à la rame sur des pinassotes qui après avoir franchies les passes pratiquèrent la pêche avec des filets le long de la côte atlantique.


Les marins locaux appelés « Paliqueys » pêchant dans le Bassin d’Arcachon purent ainsi décharger leurs prises pratiquement au centre de la ville testerine. L’ostréiculture se développa à partir de 1860 avec réussite et la construction de nombreuses cabanes d’ostréiculteurs permit au port testerin une évolution rapide et rentable pour de nombreuses familles qui se lancèrent dans cette profession.


Le port étant soumis aux marées, il s’envase tout naturellement au fil des années, les concepteurs de l’époque n’ayant pas prévu de retenue d’eau pour faire un effet de « chasse », quelques dragages d’entretien furent effectués pendant plus d’un siècle.. 

Pinassotte

L’apellation, Caillaou provient du fait que les bateaux qui livraient des poteaux pour les mines en Angleterre revenaient lestés de cailloux.

Jusqu’en 1983,

le port de La Teste de Buch pourtant situé dans le Domaine Public Maritime (D.P.M.) propriété de l’Etat a été géré par les diverses municipalités qui se sont succédées à la tête de la commune. A cette date le Conseil Général de la Gironde a demandé au maire de l’époque Monsieur Gilbert Moga si la ville de La Teste de Buch voulait prendre officiellement à son compte la gestion et l’entretien de l’espace portuaire Testerin. Suite au refus du conseil municipal, c’est donc depuis 1983 que le Conseil Général de la Gironde maintenant appelé Conseil Départemental a en charge la gestion du port de La Teste de Buch.

Depuis sa création en 1840 / 41, il n’y eu aucun dragage des vases testerines, le premier a été effectué en 1960 par les ponts et Chaussés qui draguèrent 19 222 m3 dans le port et le chenal d’accès la canelette qui servirent à remblayer le talus.En 1982 et 1983, la drague du SIBA, avec Monsieur Montigny à la manœuvre, a dragué 42 250 m3 pour le port et 85 000 m3 pour la canelette, les sédiments furent stockées pour la plus grosse partie dans les Prés Salés Est afin de conforter les digues en mauvais état qui protègent le quartier des Bordes ainsi sur la plage de l’Aiguillon pour les plus sableux.

Le dernier dragage eut lieu en 1989 toujours avec le SIBA pour 29 000 m3 à l’entrée du port testerin et de la canelette, avec un dépôt vers la plage Nord d’Arcachon.

Tous les dragages eurent lieu avec la solution dit « hydraulique », c’est-à-dire par suceuse, le transport et le dépôt des vases s’effectuant par des canalisations.

Les vases étant envoyées et stockées pour conforter les digues en mauvais état des Prés Salés Est qui protègent le quartier des Bordes.Déjà dans ces années là, certains usagers, ostréiculteurs, pêcheurs avaient envisagés de capter la craste Darriet pour faire un effet de chasse d’eau ce qui aurait permis de désenvaser l’entrée du port. Cette éventualité a été abandonnée comme l’a été en 1991 le projet de captage et de déviation de la craste Douce vers la darse du quai du patrimoine actuel pour permettre de chasser les sédiments accumulés dans ce secteur.


Depuis près de quarante ans, le port de La Teste de Buch n’a plus été dragué, le chemin sera long pour arriver à un consensus général car les polémiques seront nombreuses. Les collectivités en charge des décisions sont souvent soumises aux contraintes environnementales mais comme elles doivent s’entourer de garanties cela a toujours contribué à retarder un éventuel dragage du port testerin.

Le Schéma Directeur du Dragage des Vases Portuaires (SDDVP)

N’ayant pas permis de dégager un cadre d’intervention adapté à chacun des ports pour le dragage des vases portuaires, le Schéma de Mise en Valeur de la Mer (S.M.V.M.) prit le relais et deux moutures sont sorties en 2001 et 2004 ce qui a permis de poser les premières orientations pour une gestion concertée des sédiments pour le Bassin d’Arcachon et un programme prévisionnel des coûts des dragages pour les 15 ans à venir. L’Etat ayant transférées ses compétences concernant les ports départementaux au Conseil Général de la Gironde ce dernier, maître d’ouvrage avec l’assistance technique du S.I.B.A. et la Direction Mer et Ports du C.G. 33, doit assurer la mise en place d’une cohérence des modes opératoires sur les ports concédés.Un comité de suivi a regroupé les services des maîtres d’ouvrages, les scientifiques, les services de l’Etat et l’Agence de l’Eau. Il a validé chacune des étapes de ce travail et il a permis de définir une terminologie et des références communes pour la caractérisation des vases, les volumes, les techniques de dragage et les traitements. Ce comité de suivi a dès 2004 entériné le principe de définir des protocoles analytiques pour assurer les opérations de traitements et d’enclencher une deuxième étape aboutissant à un projet validant pour chaque port dans une perspective de valorisation des sédiments.


Il faudra que l’ETAT valide à l’échelle du Bassin d’Arcachon les zones de stockage des vases portuaires autorisées et qu’il délivre les autorisations correspondantes pour chacun des types de modes opératoires recensés sur le Bassin.

Aménagement des Prés salés Ouest,

En 1993, quelques testerins (deux présidents se succédèrent, Alain Donval et Michel Allègre) créèrent l’Association Faire Vivre l’Anse Testerine (A.F.V.A.T.) laquelle se positionna pour un dragage rapide des vases du port de La Teste de Buch en apportant également son soutien au maire testerin Claude Espied pour un projet concernant l’ensemble des Prés Salés Ouest avec un port en eau de 400 places, une plage et diverses autres réalisations comme la déviation de la CD 650 le long de la voie ferrée.


Les projets envisagés furent abandonnés suite à l’élection en 2001, à la tête de la commune de Monsieur Acot Mirande, la gestion des Prés Salés Ouest ayant été confiée à la mairie testerine, l ’A.F.V.A.T. a été dissoute.Des travaux furent entrepris dans les Prés Salés Ouest lesquels ayant été classés espace naturel font maintenant le bonheur des promeneurs, des cyclistes et des amoureux de la nature. 

Création de l’ ADPSO

Sous le mandat de Philippe Madrelle, président du Conseil Général l’annonce faite en 2009 par Christian Gaubert maire de Lanton mais également président de la commission Mers et Ports au CG33 d’implanter un bassin de décantation pour les vases draguées du port testerin fut sévèrement critiqué, soulevant même un tollé local, ce qui incita les résidents habitant au plus prés du lieu de ce futur projet, à créer une association locale testerine, l’Association de Défense des Prés Salés Ouest (A.D.P.S.O.) avec comme présidente Madame Michelle Duvignac résidente d’Arcachon Marine, un ensemble de 350 appartements qui aurait été directement impacté par cette création situé à quelques dizaines de mètres de cette résidence et des quartiers les plus proches


Ce projet porté par Madame Couteaux DGS des services techniques au Conseil Général et par son directeur Monsieur Lapierre aurait été un probable danger de pollution et de nuisances olfactives et visuelles car situé sur 3 hectares sur les 10 hectares, que le CG33 avait précédemment gardé pour l’éventualité d’un stockage des vases jouxtant les anciens établissements Couach en bordure de l’avenue du Général Leclerc mais tout à côté de l’espace de promenade écologique des 40 hectares composant les Prés Salés Ouest donné par A.O.T. depuis quelques années à la commune de la Teste de Buch.L’ A.D.P.S.O. a farouchement bataillé pendant plusieurs années en ayant qu’un seul objectif, l’abandon du bassin de décantation.


Le conseiller général René Serrano de La Teste de Buch élu depuis quelques années avait fait réaliser de nombreux travaux au port testerin comme la réfection de la digue Est mais dans le cas présent mais il était hélas, pour l’A.D.P.S.O., favorable au bassin de décantation à l’intérieur des Prés Salés Ouest.Par contre l’A.D.P.S.O. se trouva des alliés en la personne du Maire actuel de la Teste de Buch, Patrick Davet lequel au cours d’une rencontre, le 12 novembre 2009, alors qu’il était adjoint aux travaux de la ville, se déclara opposé à la création du dit bassin de décantation prévu.Monsieur Foulon, maire d’Arcachon avait également indiqué son opposition à cette réalisation.


Enfin une entrevue fut demandé en juillet 2009 au sous préfet d’Arcachon Monsieur Ramon et sa position a été sans équivoques : « Les ports de La Teste de Buch et d’Arcachon ne peuvent pas rester en l’état. L’Etat n’autorisera pas la création d’un bassin de décantation tant qu’un lieu de destination des boues n’aura pas été identifié ».En finalité, la chance fut du côté de l’ADPSO car les services de l’Etat ont déclassés les terrains de ce secteur rendant impossible le traitement des sédiments maritimes à terre dans la superficie prévue.

Solution de dragage.

Pourtant d’autres nombreuses possibilités de dragage auraient pu traiter les vases qui s’accumulent obligatoirement dans tous les ports. Dès 1975 le port d’Arcachon commença son dragage par la solution du clapage en mer mais malheureusement l’entreprise chargée des travaux, qui devait claper à plusieurs milles au large des passes, trouva plus rapide de le faire en face de la dune du Pilat. Un collectif d’associations, les ostréiculteurs et les écologistes s’opposèrent à cette méthode qui fut de suite abandonnée. Pourtant de nombreux ports en France clapent encore leurs vases en mer comme La Rochelle qui lors de l’agrandissement du port des Minimes déposa  les siennes (900 000 m3) dans le Pertuis d’Antioche ou à l’ile de Groix, ou 200 000 m3 ont été immergées à 2 milles eu large.Ayant par la force des choses  abandonné le clapage en mer, le port d’Arcachon envisagea d’essayer quelques années après  et ce au plus prés des vases à enlevées, la solution dite « Cheminée étanche », un trou d’une profondeur de 40 mètres sur un rayon de 30 mètres, les sédiments une fois séchés pouvant être réhabilités mais cette technique n’ayant  pas eu l’effet escompté, fut abandonnée.


Par la suite, à plusieurs reprises les vases arcachonnaises du port d’Arcachon furent donc draguées, environ 120 000 mètres cubes ont été traitées par pelleteuse depuis une barge et transportées par camions étanches au centre Graulin du Teich créé en 2013 et géré par l’entreprise Sovasol.


Une autre solution aurait pu être envisagée car certains essais dans les ports français ont été concluants, l’épandage de la craie cocolithique. Déposée sur la vase, elle fait fondre les matières organiques ce qui fait diminuer sa hauteur mais pour La Teste de Buch, malgré les essais effectués ayant montrés une efficacité évidente, ce procédé n’a pas été envisagé pour le port testerin

De 1983 à 2017,

le port de La Teste de Buch attendra patiemment son heure pour être dragué et toutes ces années ont été vécues avec l’espoir de voir un commencement rapides des travaux. Cette longue attente fut parsemé d’annonces optimistes mais le plus souvent pessimistes comme l’avait en 2011, annoncé le CG33 : « Le dragage de La Teste de Buch ne se fera pas, à cause d’une baisse des subventions de l’Etat ».


Par contre, une avancée significative pour le traitement des vases avait été la création en 2009 du site de La Mole lequel deviendra beaucoup plus célèbre quelques années plus tard, en 2020 lors de l’enquête publique pour le dragage du port testerin et le dépôt des vases traitées.  La création par le Conseil Général de la Gironde d’un bassin de décantation dans la partie maritime de Mestras sera l’assurance de pouvoir traiter les vases issues de certains ports du Sud Bassin dont celui de La Teste de Buch en manque de bassin de stockage.


En définitive pour La Teste de Buch, comme aucune solution n’avait été arrêtée comme le clapage en mer,  la cheminée étanche, la craie cocolithique ou le bassin de décantation à l’intérieur des Prés Salés Ouest, le Président du Département Jean Luc Gleyze va créer en 2017, le Syndicat Mixte des Ports du Bassin d’Arcachon (S.M.P.B.A.)  une collectivité qui aura à gérer en totalité 14 ports du Bassin d’Arcachon.

Dragage du port de La Teste de Buch par le S.M.P.B.A.,

Avec la création du S.M.P.B.A. les testerins vont entrevoir que le port de La Teste de Buch a une chance d’être rapidement désenvasé.

Son président Jean Touzeau a de suite promis toute l’attention nécessaire pour boucler le dossier et aidé de ses vice présidents Jacques Chauvet et Jean Jacques Eroles également maire de la commune, le projet a été rapidement finalisé tout en déclarant :

« La création du S.M.P.B.A. devra nous apporter des réponses concrètes sur le traitement des sédiments testerins. Lorsque tous les éléments seront connus nous lancerons les travaux de façon pragmatique mais résolue. Chacun devra prendre ses responsabilités mais en tout cas, la ville de La Teste de Buch ne supportera pas seule plus de 30 ans de carence et de non décision ».

Ces belles paroles furent suivies d’effet puisque le processus des travaux a été enclenché avec l’enquête publique qui s’est déroulée entre le 20 juillet et le 20 août 2020, puis en suivant les divers accords des services de l’Etat et pour terminer l’arrêté de dragage pris par Madame Bucio, Préfète de la Gironde et signé le 24 décembre 2020 par la Sous Préfète d’Arcachon Madame Houda Vernhet.


Enfin le port va être désenvasé, le processus final est déjà engagé, le S.M.P.B.A. sera le maître d’ouvrage et le S.I.B.A. le maître d’œuvre.

Le démarrage du dragage piloté par le directeur du S.M.P.B.A. Monsieur Cyril Clément et la directrice du S.I.B.A., Madame Jeandenand n’est plus qu’une question de jours, les travaux se dérouleront pratiquement 24 heures sur 24, de jour comme de nuit, du lundi au vendredi.

Les sédiments seront extraits par une pelle mécanique embarquée sur un ponton flottant qui seront déposés dans une benne puis évacués par camion lesquels devront faire 22 kilomètres en passant par l’A660 et Le Teich afin de déposer leur cargaison sur le site de la Mole à Gujan Mestras.Les travaux devraient se dérouler pendant 4 mois pour un volume de vases enlevées de 35 000 m3 sur une longueur de 900 mètres pour le chenal de la canelette et le port dit de « Couach » et pratiquement le même cubage soit 35 000 m3 qui seront retirés dans les darses Est et Ouest du port central lesquelles iront au centre des déchets maritimes de Graulin au Teich.

Ainsi ces dernières opérations termineront le dossier du dragage du port de La Teste de Buch.

Texte Original de Claude Badet – Secrétaire ADPSO

Janvier 2021

Annexes


Tableau récapitulatif Volumes

Plan de dragage ancien